28 juillet 2007
Luxe, calme et volupté
C'est pas tous les jours qu'il me vient des accents baudelairiens.
Mais que voulez vous, il est des expériences qui rendent lyrique et font oublier toutes les références habituelles. Adieu donc, Béruriers Noirs, Wampas, Joe Bar Team et autres Bikes & Babes San Antonio... Aujourd'hui, c'est le poète que je convoque car seuls ses mots sont capables de retranscrire le kif mortel l'emphase émotionnelle qui était la mienne le week-end dernier.
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Le "là" dont il s'agit ici est la place arrière du Goldwing 1800 de Béa.
Bon j'entends déjà les ricaneries des full-pistards en GZX-RR et les railleries des kékés roadsterisés : " Mais c'est pas une moto ça !!! Tout au plus une caisse avec deux roues en moins... et puis ça penche pas..."
La nouvelle zénitude qui est la mienne depuis cette expérience quasi mystique m'interdit de répondre à ces connards ânes qui ont en testostérone ce qui leur manque en neurones. Car les faits sont là : poser son séant derrière béa, ça vous rend baba !
Pour avoir enfin l'immense privilège de vivre ce moment de joie*, j'ai dû payer de ma personne. Et pas qu'un peu ! [* Le terme "joie" est tout à fait adapté ici puisque, comme chacun sait, chez Spinoza, la joie est le passage d'une perfection moindre à une perfection plus élaborée.]
Primo, il m'a fallu supporter les lopettes poiroïformes de l'AFDM 54 toute une après-midi. Pire encore, comme il y avait un stage, j'ai eu l'insigne honneur d'attendre deux plombes sur le parking d'un hôtel de banlieue que les stagiaires aient fini d'ingurgiter l'indigeste séance théorique d'après-repas.
Notez bien que la très chiante longue attente m'a permis de trouver un prétexte pour monter à l'arrière du 1800. Et là, la grâce, l'inspiration : j'ai proposé de faire des photos "en mouvement", sur la route, façon photo-repoter du tour de France (le dopage en moins, les gaz d'échappement en plus). Excellente idée car, d'habitude, je me pose près d'un virage et assiste au ballet pitoyable de motards mégalomanes passant à 15 km/h pour pouvoir pencher leur bécane sans se faire trop peur.
Des photos comme celles-ci ont un air de déjà-vu... pas les mêmes protagonistes, pas les mêmes bécanes mais pas vraiment non plus d'une folle originalité. Du coup, changer de point de vue et prendre de l'angle en roulant, c'est exactement ce qu'il me fallait pour me renouveller et retrouver cette petite pointe d'adrénaline de mes début de photographe obsédé monomaniac.
Mais ces photos, je m'en fous ce n'est pas l'essentiel. L'inoubliable de cette journée c'est que moi j'étais là, béat derrière Béa, le cul posé sur un siège cuir des plus moelleux, les oreilles bercées par la musique, l'oeil rivé au viseur... là, j'ai découvert une autre idée du bonheur.
Post Scriptum :
On en a beau être dans un état de contentement séleste, on en est pas moins hyène un sale petit rapporteur. Et, quand un scoop passe à ma portée...
Scoop n°1 : PHB, le Petit Homme des Bois, cherche une bécane à sa taille... et éventuellement un(e) passager(e) accorte et peu regardant(e) sur son physique disgracieux.
Scoop N°2 : ce n'est pas sans raison si le lieu de rassemblement préféré des animateurs de l'AFDM 54 est une fontaine ornée d'une tête de chèvre...
Scoop n°3 : Vincent est mort de rire depuis qu'un certain Maître Coach a découvert la moto sur... une Hornet !
Scoop n°4 : grâce à l'abnégation pédagogiques des membres féminins de l'association, les mâles de l'AFDM 54 ont appris à écrire.





































































































